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Cela faisait des années que j’en avais entendu parler, et par un hasard qui n’existe pas, il est récemment tombé entre mes mains : j’ai lu avec beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme (et de rapidité, ce qui n’est pas dans mes habitudes…) « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi » de Lise Bourbeau.

Voici donc dans la catégorie des découvertes en tous genre mon regard sur ce texte que j’ai longtemps sous estimé car je le trouvais un peu trop simpliste. Finalement c’est simple, mais c’est très apprenant.

Commençons !

En quelques mots, ce qu’il y a à retenir des « 5 blessures qui empêchent d’être soi » ?

C’est un livre dont le postulat est simple et qui, à mon sens, sonne plutôt juste. Le schéma global et simplifié est de cet ordre :

1 Nous sommes enfants = nous sommes libres

Dans notre enfance, nous sommes pleinement nous-même. Nous grandissons, évoluons, expérimentons, vivons. 

2 Nous ne sommes pas accueillis exactement tels que nous sommes

Mais certains de nos comportements, de nos besoins, de nos attentes ne sont pas compris par les adultes qui nous éduquent, et ne sont donc pas nourris, pas assouvis.

OK, soyons précis, par exemple :

  • Nous avons besoin d’exprimer notre créativité, mais nos parents peuvent estimer que c’est du temps perdu.
  • Nous avons besoin d’autonomie mais nos parents sont peut-être trop protecteurs.
  • Nous avons besoin d’attention et de marques de tendresse mais nos parents sont peut être trop occupés à travailler pour subvenir à nos besoins.

Etc.

Pas de jugement, que des faits.

Rappelons ici que le postulat de livre (et le mien) est que nous faisons de toute façon, tous, de notre mieux.

3 L’enfant souffre

Nous vivons, enfant, une forme de souffrance dans ces moments où nous ne pouvons être pleinement nous-même, nous ne vivons pas pleinement nos besoins, et l’enfant intègre un souvenir douloureux.

4 Alors…. Il se rebelle.

Il fait des crises, d’enfance, puis d’adolescence. La confrontation a lieu plus ou moins intensément, en fonction du caractère de l’enfant, de la souffrance et… des blessures des uns et des autres. 

Le postulat est aussi que nous avons tous, humains que nous sommes, des (plus ou moins) petites choses à régler : c’est normal et pas de jugement à ce niveau là. Enfant comme parent, nous avons tous notre lot de casseroles.

Après la crise, l’enfant ou l’adolescent finit par plier, plus ou moins, et se conformer à la situation et aux attentes de ce monde extérieur qu’il se sent trop petit et trop faible pour confronter indéfiniment. Ainsi démarre la vie d’adulte… 

La personne a créé alors ce que l’auteur appelle des « masques » : des mécanismes d’adaptation qui nous aident à gérer la douleur. Il s’agit d’attitudes et de comportements qui nous évitent de revivre la douleur vécue enfant.

Et cet enfant, devenu une adulte, doit tout déconstruire

Mais (car il y a un mais) cela ne s’avère pas si efficace que cela sur le long terme. Ce fut peut-être efficace lorsque nous étions enfant, mais dans la vraie vie d’un adulte, cela ne fonctionne pas.

Nous créons ainsi des automatismes – chacun les nôtres en fonction de qui nous sommes – qui nous amènent à souvent reproduire les mêmes erreurs, vivre les mêmes disputes, quitter des jobs dans les mêmes conditions, vivre les mêmes difficultés de couple etc.

Le regard que propose le texte ?

Si tu identifies tes blessures, mais surtout tes comportements « adaptés », tu pourras petit à petit déconstruire tes mécanismes de protection. Car tu es aujourd’hui un adulte responsable et libre, et tu n’es plus l’enfant inassouvi ou déçu que tu as pu être (consciemment ou, plus souvent, inconsciemment).

Tu peux donc pleinement dire au monde qui tu es, ce que tu veux, et ce dont tu as besoin.

Pourquoi ‘les 5 blessures’ est intéressant à lire ?

Si on a parfois l’impression de reproduire les mêmes erreurs, la sensation d’attirer toujours à soi les mêmes types de situation, ce livre parle. 

Et parce qu’il passe en revue de très très nombreux critères, il permettra forcément à chacun de nous de reconnaître des choses qui nous parlent. 

Stop aux pensées à l’emporte pièce.

Toutefois attention à ne pas le prendre pour guide absolu, et à vouloir décortiquer sa vie et toute sa famille avec. C’est un ouvrage qui fait appel au ressenti, qui doit pouvoir, comme tout livre de développement personnel, servir de coup d’éclairage. Le texte propose simplement un regard sur nos difficultés.

Et si je le recommande sincèrement, c’est parce qu’il invite à une seule chose ; être libre, être pleinement soi-même, et s’assumer tel qu’on est.

Non pas tel que le monde voudrait qu’on soit, ni tel qu’on rêverait d’être.

OK la minute fifille pour la conclusion 

Quelqu’un se souvient de ce film, avec Julia Roberts, Le sourire de Mona Lisa

Un film un peu en écho au Cercle des poètes disparus, sur l’émancipation féminine et le droit des femmes d’être ce qu’elles sont. Et l’une des jeunes filles rebelles choisit à la fin sa vie de mère au foyer. Ce qui n’est pas forcément bien vu par le reste de la bande. 

C’est un peu ça le résumé de ce livre : ce n’est pas le monde, nos croyances, notre envie de ne pas ressembler à nos parents, notre éducation ou les idéaux de la société qui doivent dicter qui l’on est.

Savoir qui on est et être pleinement libre est un job de tous les instants, probablement de toute une vie. Et ce livre se propose d’apporter une petite pierre à cet édifice, voilà.

Donc, oui, parce qu’il est court, efficace, simple (et écrit par une canadienne qui a des expressions rigolotes) c’est sans doute une lecture intéressante sur la route de « qui suis-je vraiment ? »