fbpx

« Slasheur » : une façon de redonner du sens à son travail ? c’est à dire ?

Qui n’a jamais eu la sensation que faire un seul job, n’avoir qu’une seule activité ou expertise, ou une seule corde à son arc, était un peu réducteur ? Qui ne s’est jamais dit qu’il se sentait un chouilla mis dans une case, avec une étiquette liée à son emploi, à un métier en particulier ? C’est vrai, nous vivons dans un monde qui aime mettre les choses dans des cases mais… nous n’avons pas envie de nous laisser faire finalement ! En tout cas, celui qu’on appelle le « slasheur » a quant à lui décidé que ça ne se passerait pas comme ça !

Aujourd’hui, le monde du travail est bouleversé, et force est de constater que la crise sanitaire que nous traversons nous invite aussi à repenser le travail. Notre façon de travailler, et notre façon de contribuer à la société.

L’un de ceux qui mènent la danse dans ce domaine, c’est le slaheur. Il cumule les jobs, les aspirations ou encore les passions, et ce n’est pas de nature à le refroidir, bien au contraire ! Le slasheur exerce plusieurs métiers en même temps, par choix.

Sa philosophie de vie ? On n’a qu’une vie, alors autant en vivre plusieurs !

Mais qui se cache derrière ce pluri-actif du monde moderne ? Comment devient-on slasheur ? Pourquoi ? 

C’est quoi au fait un slasheur ?

Le mot slasheur fait référence au slash, cette barre inclinée qui permet de séparer plusieurs idées ou d’exprimer le « ou/et ». Ce terme anglo-saxon désigne donc ceux qui exercent plusieurs métiers en même temps de façon volontaire. 

Les slasheurs sont très répandus aux Etats-Unis et sont de plus en plus nombreux en France. Ils seraient entre 4 et 5 millions en France. 

Le slasheur est souvent une personne qui veut dire adieu au célèbre « Métro, boulot, dodo » et qui recherche avant tout une source d’épanouissement personnel. En un mot qui cherche plus de SENS, et à qui cumuler les jobs ne fait pas peur.

Même si je en suis pas fan de la notion de « génération » dans le monde du travail, force est de constater que ce phénomène touche principalement la génération Y (ceux entre 1980 et 2000). Cette génération qui a envie de tout faire, tout explorer, hyper connectée et qui a grandi avec Internet. Celle qui a 10 onglets ouverts en même temps, qui a sa série favorite en téléchargement, sa playlist en boucle, un article en cours de lecture et 3 discussions simultanées sur Skype ou WhatsApp. Les slasheurs sont des personnes qui ont une profonde soif de liberté, qui la revendiquent, l’assument et qui n’ont pas peur de cumuler les jobs pour donner du sens à leur vie. 

Le slasheur voit son rôle dans une entreprise totalement différemment de ses parents et encore plus de ses grands-parents. Il n’est pas question pour lui de tomber dans la routine et encore moins d’aller au travail la boule au ventre. 

Et enfin, le slasheur veut avant tout trouver du sens dans son travail, être passionné ou encore aller au travail avec le sourire. Le slasheur incarne une considération très moderne, celle du choix.

Plutôt que d’opposer des métiers, un slasheur les superpose : employé dans une banque la journée / DJ la nuit. Responsable commercial/ prof de yoga le week-end et ainsi de suite. 

Pourquoi devenir slasheur ?

Comme l’évoque Muriel Barbe dans son excellent livre sur le sujet, il y a autant de raisons de slasher que de slasheurs. L’envie d’être autonome, l’envie de tester, de se reconvertir mais également l’envie de développer sa passion ou de gagner plus d’argent sont souvent ce qui motive un slasheur. 

Le slasheur a de toute façon le plus souvent envie d’épanouissement personnel et refuse la routine professionnelle. Le slasheur est en quête de sens et d’ouverture aux possibilités qui s’offrent à lui. 

Le salaire et l’envie de gagner plus que ce que permet son emploi précaire est bien évidement l’une des raisons qui poussent à exercer plusieurs métiers mais c’est loin d’être la seule. Cumuler plusieurs casquettes est en effet un choix volontaire pour beaucoup et pas forcément nécessaire d’un point du vue financier. 

Le slasheur veut devenir slasheur pour les avantages que procurent ce mode de vie. Avoir le choix, faire plusieurs métiers qu’il, avoir des emplois complètement différents mais qui lui ressemble, se lancer comme freelance en complément de son poste et dans un domaine différent etc. En somme, un slasheur réussit à transformer le « ou » en « et » !

Le profil d’un slasheur

Des signes distinctifs sont propres au slasheur :

  • La curiosité 
  • L’enthousiasme 
  • L’envie 
  • Le goût d’apprendre en explorant vite et en série
  • L’audace
  • L’intuition
  • Une créativité exacerbée
  • L’agilité pour s’adapter en toutes circonstances
  • Le changement, une seconde nature pour le slasheur
  • L’art de faire des liens
  • Une capacité bluffante à faire face à l’inconnu
  • La polyvalence
  • L’autonomie
  • Le besoin de sens
  • L’épanouissement personnel

Les ennemis jurés du slasheur ? La routine et l’ennui, le choix unique, le diktat de la norme, les limites du cadre et bien sûr, les plans de carrière. 

Pour la petite info, le slasheur carburant à l’envie et détestant l’ennui est moins sujet au burn-out, au bore-out et au brown-out ! C’est donc aussi une piste intéressante pour remonter la pente lorsqu’on a vécu une situation difficile dans son job. Trouver les autres choses, au delà de son job, qui donnent du sens à sa vie. Dans cet article sur les moteurs, qui permet d’identifier pour-quoi on se lève le matin, j’évoque justement cette nécessité de diversifier ses activités. Sans aller forcément jusqu’à devenir slasheur, intégrer dans son quotidien des petites choses qu’on aime permet de beaucoup s’épanouir !

Le slashing : une pratique en devenir ?

Tout commence dès notre plus jeune âge avec la fameuse question « Tu veux faire quoi quand tu seras grand ? ». A partir de cette question qui semble anodine, la machine est lancée. Parents, profs, conseillers d’éducation, tout le monde donne son envie et nous somment de « choisir. 

La vocation est pourtant une quête illusoire. Nous ne sommes pas tous appelés par un job ni même destinés à faire le même métier toute notre vie comme nos parents. Si pour certains c’est possible, pour d’autres c’est un mythe. 

Il n’y a pas ou plus de parcours linéaire et chaque trajectoire est vivante, organique. Elle s’ajuste à notre vie, nos envies, aux opportunités, aux virages à 360° et à nos centres d’intérêt mouvants. Le slashing a donc de plus en plus sa place, notamment chez les nouvelles générations. 

Comment devenir slasheur ?

Le principe pour le slaheur c’est que chacun va créer ses propres règles. L’art de slasher peut en effet s’exercer de différentes façons. Le plus souvent, cela se passe progressivement. 

Souvent, on commence par cumuler un job raison et un job passion et donc une activité en parallèle de son CDI afin de créer et nourrir la source d’épanouissement que l’on n’a pas dans son poste actuel. 

Certains vont cependant se jeter directement dans le grand bain. C’est le cas du freelance à 100 %. Ils multiplie les activités et les missions et cela lui va bien. 

Pour devenir slasheur, il faut bien sûr avoir une nature ultra flexible. Il faut être organisé dans son travail surtout que la plupart des slasheurs sont en télétravail. Une certaine rigueur est donc essentielle. 

Si pour certains devenir slasheur est une évidence et d’une facilité déconcertante pour d’autres c’est loin d’être le cas. Le fameux pas à franchir….Changer de travail, trouver sa voie, avoir plusieurs emplois et métiers, découvrir de nouvelles expériences n’est pas toujours simple. Un coach de carrière peut par exemple vous accompagner dans votre projet de slasheur. 

Pour devenir slasheur, voici quelques conseils :

  • Identifiez votre moteur, votre raison d’être. Apprenez à vous connaître. Cela vous permettra d’établir les bases comme ce que vous avez envie de faire, ce qui vous épanouit etc. 
  • N’hésitez pas à être fier de votre profil multiple. Être slasheur c’est avoir plusieurs cordes à son arc dans une logique qui vous appartient. A vous de la déterminer et de lui donner du sens pour l’expliquer le plus clairement possible à vos interlocuteurs. 
  • Soyez cohérent dans vos choix : si une proposition, une mission ou un poste n’est pas en accord avec vos envies ou vos souhaits, ne vous engagez pas !
  • Soyez honnête sur votre CV 
  • Restez toujours confiant. Slasher c’est croire aux parcours professionnels multiples, aux reconversions, aux rebonds après des échecs, aux essais…

Le slasheur : un profil instable pour les entreprises ? 

Pour l’instant, les slasheurs et les entreprises ont encore un peu de mal à se comprendre… Mais cela va venir ! D’un côté il y a les entreprises qui proposent des CDI (et qui ont souvent du mal à recruter…) et de l’autre des slasheurs qui veulent multiplier les expériences. Les entreprises sont donc encore un peu réticente à embaucher ce type profil par peur qu’ils ne partent trop vite. Mais le mouvement est en marche.

Il y a déjà quelques entreprises intéressées par les qualités que possèdent un slasheur comme sa facilité à s’adapter, sa soif d’apprendre, sa motivation, l’esprit d’entreprendre, l’ennui comme ennemi etc.  

Conclusion 

Contrairement à ce qu’on dit, l’avenir n’appartient pas à ceux qui se lèvent tôt : l’avenir appartient à celles et ceux qui ont ENVIE de se lever !

Le monde du travail est en pleine mutation, et dans le domaine il est maintenant plus qu’urgent de ré-enchanter et de ré-inventer son rapport au travail. La vie professionnelle peut-être source de grande richesse, et de grand épanouissement, à condition de savoir vers quoi on veut l’emmener.

Pourquoi serait-il avisé de se priver de plusieurs choses qui nous procurent du plaisir, si en plus vous pouvez être payé pour cela ? Si l’on souhaite cumuler plusieurs activités parce que cela nous rend meilleur, ou plus heureux pourquoi s’en priver ?

Être slasheur est un mode de vie à part entière, où on remplace le « ou » par un « et ». Pour le slaheur, c’est aussi la volonté d’être pleinement soi à tout moment qui s’exprime, refusant une version tronquée qui cherche à rentrer dans une case, sans dépasser les bords !