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Il y a quelques jours une personne que j’accompagne me partageait où elle en était de ses démarches pour trouver un emploi. Elle m’envoyait une annonce avec une merveilleuse description de poste, et je l’alertais sur le secteur d’activité et les méthodes de management qu’elle avait déjà observées dans l’entreprise…

Voilà donc ce que je lui exprimais, texto : « Je n’ai qu’une alerte que je veux te partager, à toi de voir comment elle résonne dans le cadre de cette offre-là. Quand on choisit un job… On choisit aussi un environnement, une ambiance, un type de management, des valeurs, des collègues ! Donc : on choisit quelque chose qui va au delà du job. Le descriptif de poste c’est la partie émergée de l’iceberg »

C’est pourtant une évidence, mais nous sommes nombreux à nous voiler la face sur ces sujets, fermer les yeux sur des points pourtant essentiels, en se disant que « ça va passer ».

On a tellement envie de trouver un emploi…

Qu’on ferme les yeux ! Pourquoi ? Souvent parce qu’on a tendance à projeter ses attentes sur le nouveau job, étant soi-même dans une situation d’espoir, d’attente, d’envie.

Mais on sait ce qui arrive à qui néglige les icebergs…

De ma vie de recruteuse et de salariée je retiens cela : on néglige trop souvent les à côtés. Et c’est ce qui est à l’origine des ruptures de contrat les plus difficiles et les plus frustrantes, dans la majorité des cas que j’ai pu observer ces 10 dernières années.

Un salarié ne quitte généralement pas que son poste, mais plutôt un manager, une entreprise, des valeurs vécues, une ambiance etc.

On oublie souvent, lorsqu’on est en recherche d’emploi (qu’on soit encore en poste ou non) ce qui dépasse la question du salaire et des activités quotidiennes. J’insistais beaucoup sur ce point dans le parcours « Ré-enchanter son job » : le geste-métier est important, mais il ne fait pas tout.

Chaque aspect du poste doit être pesé, vérifié, validé.

Un job, c’est bien plus qu’un job-description.

En France, on travaille en moyenne 1600 heures par an (source OCDE 2019) ; autant dire qu’il vaut mieux y prendre un minimum de plaisir, y trouver un minimum d’épanouissement.

Je voulais donc revenir dans cet article, en clin d’oeil à Elodie, et à toi, qui cherche un job et qui épluche les offres d’emploi. Je vais revenir sur tous les aspects et toutes les petites choses à checker lorsqu’on cherche un nouveau job.

1 : OK, on commence par l’offre, première porte pour trouver un emploi

Je commence par les basiques, car … first things first ! C’est logique. La description de poste est souvent la première porte d’entrée, et j’insiste sur le fait de ne pas laisser cela de côté. Si c’est la partie émergée de l’iceberg, autant la repérer et l’analyser !

Il est essentiel de se sentir attiré.e par les missions, les conditions de travail, le « geste métier », et il est important de se reconnaître un minimum dans le profil recherché.

Si l’annonce ne te fait pas vibrer, tu risques tout de même de ne pas beaucoup t’y retrouver sur la suite du process… Mais mon propos c’est surtout d’aller au-delà de cette offre.

Au delà du fond, déjà, la forme

Je t’invite aussi à scruter le ton utilisé dans l’annonce, les mots choisis : Te sens-tu en adéquation avec cette communication ? Est ce que cela fait partie de ton vocabulaire ?

As-tu la sensation que cette façon de dire et de décrire les choses te convient, te correspond ?

Aujourd’hui le recrutement est une question centrale pour les entreprises, de plus en plus d’organisations y mettent les moyens, se présentent sous leur meilleur jour ! Certaines essayent même de montrer qui elles sont réellement, en partageant des vidéos, des enquêtes, des interviews, à l’instar de celles qui passent, par exemple, par Welcome to the Jungle.

C’est donc à toi aussi de mener l’enquête, de déchiffrer et d’être acteur de ta démarche afin de comprendre, cerner, décripter qui est l’entreprise que tu approches ! En d’autres termes : à toi d’évaluer la partie immergée de l’iceberg !

2 : Ce qu’en disent les salariés

Il existe de nombreuses plateformes aujourd’hui qui analysent le ressenti et le niveau de bien-être des salariés dans une entreprise.

Pour ne citer que les plus connus, Glassdoor, Great Place To Work, Happy at Work. Mais attention, car il faut avoir bien en tête une chose : ces enquêtes sont menées sur le terrain, c’est à dire auprès des salariés en poste. Et tous ces organismes ont bien du mal à obtenir les statistiques qui concernent ceux qui sont partis, ceux qui ont échoué, ce qui ne se sont pas senti à leur place.

Mais attention à ne pas prendre les données pour argent comptant

En effet : On peut travailler dans un entreprise « où il fait bon vivre » et ne pas s’y épanouir. Tout simplement parce que les valeurs, le secteur, l’ambiance ne vous correspondent pas.

Une entreprise bien classée dans ces concours est une entreprise qui a priori a réussi à recruter des personnes qui lui ressemblent, qui ont les mêmes valeurs, les mêmes besoins, les mêmes aspirations.

Ce n’est donc pas parce qu’il « y fait bon vivre » qu’il y fera forcément bon vivre pour toi.

C’est un indicateur intéressant pour lire quelques éléments sur la perception du management, les systèmes de rémunération, l’ambiance vécue par les salariés, le niveau de confiance dans l’organisation… La plateforme Great Place To Work précise comment elle construit ces différents indicateurs, qu’il est intéressant de creuser avant de se fier aux enquêtes les yeux fermés.

3 : Ce que tu perçois en les rencontrant et en vivant le métier

Je n’insisterai jamais assez sur les enquêtes métier. Toutes les personnes avec qui j’ai travaillé ces dernières années le savent, car j’insiste toujours lourdement à ce sujet. Il n’y a qu’une façon de savoir si un job peut vous convenir, c’est d’aller parler avec des personnes qui l’occupent, et l’exercer soi-même quelques temps.

Beaucoup d’entreprises sauront se rendre disponibles si vous demandez à faire une immersion non rémunérée de quelques jours.

Dans ma vie d’entrepreneure j’ai moi-même « visité » plusieurs métiers qui me passionnent, le dernier en date étant celui de bartender / cocktailmaker. J’estime que je suis une bien meilleure coach si j’applique moi-même les conseils que je donne (logique) ! Et tous les métiers qui m’ont attirée pour diverses raisons, j’ai décidé de les tester ! J’en veux pour preuve mon immersion à Saigon il y a quelques jours à peine :

Tester le métier de bartender

4 : Ce que tu ressens en tant que client

Ça va sans dire, ça va mieux en le disant : Si tu connais l’entreprise parce que tu en es client, voici un autre élément central que je t’invite à creuser !

Si tu as la sensation que les collaborateurs y sont bien, que l’ambiance te convient, que tu respectes les approches de la marque / l’entreprise, si tu a foi dans les produits… Ce sont autant d’indicateurs qui sont au vert.

Une entreprise devrait théoriquement traiter ses collaborateurs comme ses clients, et inversement. Par ailleurs, si un collaborateur se sent bien traité par son entreprise il sera d’autant plus disposé à bien (voire merveilleusement !) traiter ses clients.

C’est donc toujours un indicateur intéressant à creuser !

5 : Enfin, le job ne fait pas tout !

Je n’insisterai jamais trop sur ce point, last but not least, central et pourtant trop souvent laissé de côté… : Si tu n’es pas bien dans ta vie, dans tes baskets de façon globale… ce n’est pas un job, aussi parfait qu’il puisse être, qui pourra changer cela.

Bien entendu, cela pourra améliorer les choses à court terme, mais cela ne changera pas tout.

Il est donc essentiel, dans le cadre de la recherche d’un job, de s’intéresser aussi à notre propre niveau de forme, d’enthousiasme, de joie. Et de ne pas confondre épanouissement professionnel et équilibre de vie. Aucun job ne pourra être épanouissant aux yeux de quelqu’un qui est mal dans ses baskets. Peut-être un temps, mais jamais sur le long terme. C’est pour cela que j’insiste beaucoup sur ce point dans mon article sur quand changer de travail !

Check-list minimaliste : Top 5 des points à vérifier avant de postuler

Voici les éléments que je partage le plus souvent aux personnes que j’accompagne. Ce sont les points sur lesquels j’insiste dans le cadre du « ré-enchantement » d’un job !

NB : Ces points viennent en complément du check global et plus personnel de ton niveau de kiff, que j’évoque dans le point 5.

  1. Les conditions de travail te conviennent-elles globalement ? Rémunération, lieu de travail, temps de trajet, environnement quotidien, horaires, ambiance perçue, état d’esprit …
  2. Les gestes-métiers te plaisent-ils ? Penses-tu que tu seras « absorbé.e » par ces tâches au quotidien ?
  3. As-tu la sensation que tu pourras y exprimer (une partie de) tes talents et nourrir (une partie de) tes moteurs ?
  4. L’entreprise exprime-t-elle des valeurs qui te parlent ? Et presque plus important encore, ces valeurs sont-elles réellement vécues dans le quotidien, sur le terrain ?
  5. Te sens-tu un minimum en connexion avec le métier de l’entreprise ?En d’autres mots le secteur de l’entreprise est-il un minimum compatible avec ce qui est important pour toi. Exercer le métier de manager

Tu peux pondérer tout ça, et attribuer une note sur 20 à chacune de ces rubriques : si la note globale sur 100 est inférieure à 60, il y a probablement d’autres questions à se poser…

En conclusion : pilote avec hauteur de vue et précision ta recherche d’emploi. Et comporte-toi en apporteur de compétence plutôt qu’en demandeur d’emploi !